27 juillet 2009
Let down
Par Lucie Peut-Etre
Juste envie de vous passer ce morceau.
Let Down - Radiohead
http://www.deezer.com/listen-3147779
"Transport, motorways and tramlines
Starting and then stopping
Taking off and landing
The emptiest of feelings
Disappointed people, clinging on to bottles
And when it’s comes it’s so, so, disappointing
Let down and hanging around
Crushed like a bug in the ground
Let down and hanging around
Smell smashed, juices flowing
Wings twitch, legs are going
Don’t get sentimental,
It always ends up drivel
One day, I’m gonna grow wings
A chemical reaction
Hysterical and useless
Hysterical and…
Let down and hanging around
Crushed like a bug in the ground
Let down and hanging around
Let down
Let down
Let down
You know, you know where you are with
You know where you are with
Floor collapsing, falling, bouncing back
And then one day, I am gonna grow wings
A chemical reaction (You know where you are
Hysterical and useless (You know where you are)
Hysterical and… (You know where you are)
Let down and hanging around
Crushed like a bug in the ground
Let down and hanging around"
20 juillet 2009
Tout fout le camp
Par Sire Christophe Bizet De La Roche, votre suzerain
Du haut de mon piédestal, j’ai tout loisir de contempler mes ingrats sujets.
Assis, vautrés ou errants, traînant derrière eux quantité de bagages, les bougres n’ont pas fière allure. Au mépris de son prochain, chacun court, apostrophe, double ou bouscule pour, avant les autres, goûter le rail ou, plus prosaïquement se jeter sur un siège inoccupé.
A vrai dire, bien peu d’entre eux trouvent grâce à mes yeux.
Je préfère forcément les silencieux. Les lecteurs, peut-être… Ainsi, je me surprends à les observer, à guetter le moindre frétillement d’une narine, d’un œil… A épier les signes d’un récit particulièrement captivant. Ces gens sont ailleurs. Et le fait qu’ils ne soient pas ici suffit à me les rendre presque sympathiques.
Il en va un peu de même pour les personnages affublés de curieuses et proéminentes oreilles, parfois colorées. Les uns dodelinent de la tête quand les autres semblent battre la mesure d’une patte arrière molle. Encore des absents. J’aime les absents.
Enfin, quelques rares fidèles vassaux, sans doute les derniers, daignent encore m’apporter des offrandes à base de sandwiches et autres viennoiseries. Bien qu’ils ne s’acquittent plus depuis longtemps de leur impôt sur le millet, je suis touché par leurs délicates attentions.
Car depuis la grande révolte, celle qui a conduit à la chute du régime féodal colombocrate, nous autres, seigneurs pigeons, avons été chassés de nos fiefs par de fieffés rapaces.
L’humain me déroute autant qu’il me dégoute. Surtout son afflux de blancs-becs bruyants et follement primitifs aux heures de pointe. Les pies piaillent, les coqs paradent, les oies caquètent… Infernal ! Dans ce cas précis, ma milice aérienne forme une escadrille et largue quelques salves de missiles air-sol sur les indélicats. Redoutable.
Mais, quand malgré l’attaque de fientes, le spectacle continue, quand la scène m’afflige au point que je n’aspire plus qu’à leur voler dans les plumes, je déroule ma cape grise et m’envole, dédaigneux, vers une horloge voisine.