La PQI

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27 octobre 2009

Chuis motivé, qu'y dit !

Par Célestin Frey

"Pour nous rejoindre, il faut nous aimer". 

C'est le leitmotiv scandé en ce moment dans la chronique du DRHache de Cadremploi. Je sais que c’est vrai. D'ailleurs, je l'aime bien, la chronique du DRHache. Mais j’ai quand même eu envie de vous faire partager mon récit posté sur leur site et peut-être bien, déjà modéré.

Lors de mes cent cinquante premières candidatures, j’ai pris soin d’écrire à des entreprises que j’aimais pour leurs valeurs, pour leur image ou les gens qui y œuvraient. De lettres de motivation en entretiens, je clamais à chacun combien j’appréciais sa boîte.

Un, deux, trois rendez-vous avec des gens qui m’assuraient que mon profil était bon. Mais le gel des embauches et des gens un peu plus seniors ou peut-être plus beaux, passèrent par là.

Tant et si bien, qu’un jour, j’ai décidé d’élargir mes recherches. A des boîtes que je connaissais moins, cela va sans dire. Et puis il y a eu votre offre. Un poste dans mes cordes avec un salaire correct. Je sentais que mon assurance chômage n’allait pas durer autant que les impôts. J’ai donc décidé de postuler.

Des infos, j’en ai cherché. Mais faut bien le dire, votre site web, il n’est pas très éloquent. Un tour sur les réseaux sociaux, les magazines et j’ai réuni quelques détails. Mais à vrai dire, j’vous connais toujours pas. Alors si je vous rencontre, c’est pour en savoir plus. Parce que j'vais pas vous raconter ma vie si vous ne me dites rien sur vous.

L’EGO d’une entreprise doit être flatté. Soit. Et le mien, je me le mets derrière l’oreille ? Parce que c’est le troisième entretien là, avec un mois de délai entre chacun. Et que ça fait quarante minutes que je patiente dans votre salon d’attente. Si je souris encore, sachez que c’est parce que j’ai pris un bon bouquin.   

Si je suis encore là, c’est parce qu’ailleurs, y’a pas de place ou que ça craint. Parce que les entreprises que je déteste, faut pas pousser : pas moyen de m’y résoudre.

Ça fait maintenant près d’une heure que je bouquine assis dans un fauteuil. Un moment palpitant dans mon livre. Et là, votre secrétaire me demande de me ramener, parce que ça y est, vous êtes disposé à me voir. J’ai déjà rencontré vos collègues les autres fois et ai expliqué à deux reprises, combien votre boîte, elle déchirait. Là, très sérieusement vous me demandez : « Qu’est-ce qui vous motive dans la perspective de nous rejoindre ?».

A cet instant précis, un son strident retentit. Un truc assourdissant. C’est le trou noir, bien que je garde les yeux grands ouverts. Mais le bruit ne tarit pas. Régulier, comme par à coups, il résonne. Je sens un choc contre mon crâne. Comme une agitation. Des voix. Il fait froid tout à coup. C’est alors que je comprends. Cet affreux hurlement, c’est de moi qu’il émane. Et c’est moi qu’on emmène.

Ci-dessous, un lien vers l'article du DRHache :

http://www.cadremploi.fr/edito/actu-et-conseils/boite-a-outils/secrets-de-recruteurs/la-chronique-du-drhache/d/1/episode-19-je-suis-motive.html

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26 octobre 2009

L’offrande canine

Sous un arbre centenaire, délicatement rangé dans un bento, nous avons trouvé un nouvel extrait du recueil parallèle d'Iliphent Demerle. C'est cadeau.

Vous n’êtes pas très en avance à vrai dire, mais pas trop en retard non plus. Vous zigzaguez lestement entre les voitures… Hop, un bond sur le trottoir ! Et un passant évité, un ! Vous vous amuseriez presque. Et là, sous votre chaussure à l’instant si souple et sautillante, s’affaisse lamentablement une forme aux contours mal définis. Horreur, un étron ! Vous guettez alentours, hagard. Pas le moindre buisson, la moindre herbe folle ou ni même une feuille. Vous voyez votre salut dans une petite flaque d’eau et tentez de vous débarrasser de l’offrande canine collée sur votre soulier souillé. Il s’agit de ne tremper que la semelle. Celle-ci étant suffisamment épaisse, vous êtes plein d’espoir. Vous alternez trempettes en manque d’équilibre et essuyages sur le rebord du trottoir. Dans les voitures, les gens se marrent. La flaque devenue maronnasse, vous vous mettez en quête d’un autre point d’eau salvateur. Le temps maussade est avec vous. Le tapis d’entrée de l’immeuble aussi. Néanmoins, étrangement, vous tenez à exhiber vos chaussettes dès votre arrivée à destination…

20 octobre 2009

Notre histoire ne date pas d'hier...

Par Lucie Peut-être

Il y avait foule ce jour-là, au sortir du métro. Avançant avec peine, les mains tremblantes, je serrais contre moi ma besace, ultime rempart entre mon âme et cette atmosphère citadine glaciale. Je ne sais plus, qui de mon corps ou de mon sac, pesait alors le plus lourd… Mais quand la voie se dégagea, j’employai toutes mes forces pour accélérer la cadence. Je savais, en effet, qu’il ne tolérerait aucun retard.

Quand enfin je l’aperçus, je frémis. Comme dans une ultime hésitation, il vacilla. Puis, il s'éloigna doucement, avec la certitude sereine de quelqu'un qui me quitterait parce qu'il ne m'aime plus. Abattue, j'ai arrêté de courir après ce connard de train.

Posté par peut_etre à 15:50 - Contes de faits - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

16 octobre 2009

La fin du fût de bière

Même avant de lire Plonk et Replonk, à la rédac, nous aimions traîner dans les univers parallèles. Lors d’un récent voyage dans ces contrées, nous avons rencontré le professeur Rudy Lérudy. Celui-ci peut se targuer d’avoir crée, un curieux croisement entre Philippe et Vincent Delerm : Iliphent Demerle.

Sans grande surprise, le jeune Iliphent, aime manier la plume. Voici un extrait de son recueil de nouvelles : "La fin du fût de bière et autres petits moments exécrables"…

Un après-midi, le regard dans le vague, l’esprit un peu ailleurs, vous commandez un demi. Quelques instants plus tard, le serveur reparaît avec le breuvage, souriant à la monnaie que vous lui présentez. Il s’éloigne, vous soulevez votre verre du sous-bock jaunâtre qui avait dû, autrefois, être d’une autre teinte.

Le liquide s’immisce entre vos lèvres pas très convaincues. C’est alors que l’amertume fait place à la rêverie. Un goût acre s’épand sur votre langue, presque une arrogance envers votre palais. Vous reposez l’objet.

Vous savez qu’il vous faudra terminer ce verre, ne serait-ce, que parce que vous l’avez payé.

Suppliant votre attention de s’envoler en une contrée féérique, vos papilles, de vous pardonner, vous parvenez à ingurgiter presque le quart de cette boisson quasi-infecte. Même votre œsophage semble protester. Vous savez, par cette saveur caractéristique, que le fût de bière arrive à sa fin...

Vous jetez un œil au bar, mais personne ne se risque à commander le moindre galopin.

Vous patientez un peu, tentant de siroter le demi. Cinq minutes. Toujours des diabolos, des pastis, mais pas de bière…

Vous vous dirigez vers le bar et demandez un verre d’eau au tavernier.

Vous en offrez une gorgée à votre palais un rien dégoûté, le regard rivé au zinc, quand enfin, un client commande un demi. Comme prévu, une gerbe de mousse rebondit dans le verre pour atterrir sur le tablier du barman, furieux qui lâche à cette occasion une salve de jurons.

Vous terminez au mieux votre mauvaise bière, afin d’effacer l’hilarité de votre visage.

Posté par peut_etre à 22:52 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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