Par Lucie P-E

Trésor, ô mon trésor,
J'ai beau t'entretenir, à genoux t’offrir ce que je gagne à la sueur de mon front et à chaque affront, t’adresser un billet doux accompagné de billets de banque…
Je ne te suffis pas, il t'en faut tant d’autres, des millions d'autres.
Une énième vieille amante transie, alors même que tu n’es ni jeune, ni particulièrement fougueux. De plus, sur le plan épistolaire, on frôle la misère. Sans âme, tes lettres m’inspirent tantôt chagrin, tantôt colère et trahissent de ton côté un cœur-Frigidaire.
 
Alors aujourd’hui, cependant que je signe avec émotion un chèque que je te destine, je te demande d’entendre mon souhait.
Mon trésor, ma poule (de luxe) aux œufs d’or, j’aimerais un jour prochain, avant de m’étendre, recevoir de toi, une missive plus tendre.
 
La douloureuse le sera un peu moins et je paierai mes impôts avec le sourire, enfin.