La PQI

La PQI, c’est la Presse Quotidienne Imaginaire.

20 octobre 2009

Notre histoire ne date pas d'hier...

Par Lucie Peut-être

Il y avait foule ce jour-là, au sortir du métro. Avançant avec peine, les mains tremblantes, je serrais contre moi ma besace, ultime rempart entre mon âme et cette atmosphère citadine glaciale. Je ne sais plus, qui de mon corps ou de mon sac, pesait alors le plus lourd… Mais quand la voie se dégagea, j’employai toutes mes forces pour accélérer la cadence. Je savais, en effet, qu’il ne tolérerait aucun retard.

Quand enfin je l’aperçus, je frémis. Comme dans une ultime hésitation, il vacilla. Puis, il s'éloigna doucement, avec la certitude sereine de quelqu'un qui me quitterait parce qu'il ne m'aime plus. Abattue, j'ai arrêté de courir après ce connard de train.

Posté par peut_etre à 15:50 - Contes de faits - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mars 2009

Le vaisseau ensorcelé - Episode III

(…) Le livre s’apprêtait de nouveau à l’aspirer quand elle entendit retentir la voix du crétin graveleux et de ses oies. Grossièreté oblige, chacun de ses propos, oscillant entre le terre-à-cul-terreux et le salace parvenaient aux oreilles de chaque âme qui vive (ou pas) du lieu désespérément clos. Colérique, Lucie soupira bruyamment, tel un bœuf en sommet de côte. Elle croisa un regard d’approbation. Mais aucune issue possible pour échapper à ce bordel immonde. Pour apaiser la fureur qui montait en elle avec l’épuisement, elle posa encore le regard sur les pages imprimées. Les phrases se dissolvaient dans le flot de braillements. Devenues incompréhensibles, elles ne formaient plus qu’un amas de phonèmes inintelligibles. Folle de rage, Lucie ouvrit tout grand la bouche pour hurler de toutes ses forces, mais aucun son ne sortit. C’est alors que les trois affreux furent changés en de petits lézards qui filèrent le long du quai pour aller roupiller sur le terrain vague avoisinant…

Posté par peut_etre à 12:45 - Contes de faits - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Le vaisseau ensorcelé - Episode II

(…) A son énième réveil après son endormissement d’avant l’ellipse, Lucie fut amenée à emprunter l’assourdissant vaisseau nommé TGVeste. La suite, si tu as lu l’article précédent, tu la connais. Sinon, je t'invite (avec insistance) à y songer. Toujours est-il qu’elle dut faire le trajet en sens inverse… Loin du wagon bar et des égrillards, elle trouva une place moelleuse. Elle s’y lova, un livre à la main, bercée par le roulis du train et les bribes de conversation à voix basse volant ça et là. L’astre de feu parti se planquer, elle put enfin deviner, en arrière plan du bouquin, les lumières de la ville qui défilaient à toute allure. Mais le livre l’absorba tant qu’elle finit par y disparaître. A l’heure de la correspondance, elle sortit du livre, puis du train, réajustant rapidement sa veste. Presque furtivement, elle glissa d’une voie à l’autre pour gagner l’une de ses places préférées, sur les banquettes en demi-cercle, en bout de compartiment. Elle entreprit de reprendre sa lecture durant les quelques minutes de trajet qui demeuraient (…).

Posté par peut_etre à 12:15 - Contes de faits - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 mars 2009

Le vaisseau ensorcelé - Episode I

Il était une fois une rédac’ chef qui n’avait rien d’une princesse et qui slalomait souvent dans l’obscurité entre les crapauds à bord de son carrosse-grenouille. Nommons-la Lucie, cela pourrait bien nous servir plus tard. Un beau jour, elle se gara et poussa la porte d’un curieux donjon. Se croyant à l’abri, au chaud, elle subit en fait les attaques d’un troll, d’un succube, d’une dinde fourbe et enfin, d’un blob rosâtre et affable. Décidée à lutter férocement, elle créa un blog et finit par s’extraire du lieu, au terme d’un combat sanguinaire, avec une petite bourse et la vie sauve.

Chaque jour, sous le regard de son tigre d’appartement, pendant des heures et des mois, les phrases succédèrent aux mots qui faisaient suite aux idées. Puis, un soir, comme tous les autres d’ailleurs, elle s’endormit. C’est le moment que je choisis, cher lecteur pour t’offrir la fameuse ellipse narrative dont tu raffoles tant, quand les textes se font longs et un peu chiants (…).

Posté par peut_etre à 17:51 - Contes de faits - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1