28 décembre 2008
Cr, ça veut dire Couillon Ravagé. Ou Calligraphe Raté. Ou Contemplatif Rabougri.
Par Célestin Frey, concepteur-rédacteur au Kozystan.
Petit rebond sur cet article d’Almandre qui m’a plu, mais m'a laissé, pour ainsi dire, sur mon séant (je sais, il date).
Moi qui pensais que les seules personnes capables d’envier les concepteurs-rédacteurs étaient les lycéens aspirants concepteurs-rédacteurs, les stagiaires concepteurs-rédacteurs et les assistants concepteurs-rédacteurs… Moi qui ai toujours envié les directeurs artistiques, Almandre, tu casses un mythe.
Parce que, de notre côté, nous autres CR (ou Couillons Ravagés, c’est presque plus éloquent), on est également super frustrés. Alors je vais tenter de rétablir la vérité sur quelques points et parler de ce qu’on vit, nous les gratte-clavier.
- Le CR, déjà, il peut commencer en tant qu’assistant. En tout cas, moi, j’étais assistant quand j’étais jeune, c'est-à-dire il y’a un peu plus de 5 ans.
- le CR, il passe aussi des ECCP (évaluation de contrôle des compétences professionnelles) parce que la fille de chez Vedior Pisse, elle le croit pas quand il lui dit (CV à l’appui) qu’il peut tenir un standard en Français/Anglais. Je suis traducteur Anglais-Français, gourdasse à plumes !
- Le CR quand on lui propose un job en dessous de ses qualifications, c’est jamais dans la pub. Et pour cause, y’a rien en dessous du CR.
- Le CR, la plupart du temps, c’est vrai qu’il dessine encore plus mal qu’un sanglier avec des gants de boxe. Du coup, s’il tombe sur un DA enfoiré (ce qui arrive parfois avec certains seniors sur le retour) qui refuse de dessiner son concept, il l’a dans l’os avec sa pauvre accroche et son copier-coller Getty sous Paint.
- Le CR, n’est pas un artiste. Il n’a pas fait d’école d’art. Tout au plus une école de pub ou un truc qui n’a rien à voir. Voire pas trop d’études. Du coup, il se sent pas très légitime.
- Le CR, en entretien, la plupart du temps, les mecs le jugent sur les images. Parce que lire, ça les fait chier. Ça donne des trucs du genre : « Le prends pas mal, mais il est provincial ton book.» (entendu dans une graaande agence parichienne) Forcément, connard, j’suis un bouseux. « J’aime pas le graphisme. » Gniiiiiiiiiiiiiiiiiii !
- Le CR connaît parfois de grands moments de gloire… Quand on lui demande l’orthographe d’un mot.
- Le CR se tape de la réécriture de trucs infâmes et doit parfois changer une à une des tailles de soutifs de mamie allemande en tailles de soutif de mamie française. L’intérêt ? Produire plein de catalogues et à toute vitesse ! C’est pas vrai ça, Tintin*, kestufous ? On m’appelle « Tintin » parce que moi, c’est Célestin et pas parce que j’ai des cheveux blonds avec une houppette (j’ai pas de houppette, bordel de merde !).
- Le CR, à l’ANPE, on lui demande s’il fait des graphismes de site Internet ou de pubs TV. Il tente d’expliquer. Le mec en face comprend tout à coup. Espoir ! Puis, il lui propose une formation en PAO niveau bac en alternance alors que ça fait 3 ans qu’il est CR et 5 qu’il a le bac. « Bah, c’est dans vot’ branche, mon p’tit gars. Pis faut pas être trop exigeant par les temps qui courent. En plus, avec un prénom à coucher dehors comme le vôtre…»
- Le CR, comme il se fait jeter par les grandes boîtes, il appelle de petites boîtes. Et souvent, on lui dit : « On a pas besoin de concepteur-rédacteur ici, y’a la secrétaire ». Cool, on peut tous échanger nos jobs ! Sauf que je suis un secrétaire pas top et que l’assistante administrative de mon interlocuteur est conceptuellement bof bof.
- Le CR, quand son book est moche, il est obligé de trouver un DA pour l’aider à le refaire. Il peut trouver l’idée, l’écrire, mais sûrement pas la réaliser. Encore le syndrome du sanglier aux gants de boxe !
- Le CR, il passe souvent pour une poule à accroche. Sauf que la plupart du temps, il doit pondre un slogan sur un concept qu’il comprend pas.
Le chef de pub : « Le client a a-do-ré le concept !
Le CR : - Mais c’est à chier, on capte que dalle ! ça sort d’où ?
CP : - Ben c’est de moi. De toute façon, tu discutes pas, t’es là pour pondre des accroches.
CR : - Je te rappelle que le « concepteur », dans « concepteur-rédacteur », c’est pas pour faire beau… »
Et c’est comme ça qu’il se retrouve dans le bureau d’un mec encore plus con que le chef de pub parce qu’en plus, lui, il lui fait confiance. Au choix : démission ou licenciement pour faute (« qu’on trouvera, t’inquiète »). Là, je lui conseille de tout refuser en bloc et de négocier un licenciement pour cause perso, parce que c’est juste la vérité. Mais je m’égare..
- Le CR, il trouve quasiment jamais d’offres d’emploi dans son métier (emmerdant après une démission sans demander son reste). Du coup, il se rabat sur plein de trucs qui n’ont rien à voir : commerce, hôtellerie, industrie, accueil… Pendant ce temps, son book n’avance pas.
- Le CR, il est presque (bon d’accord pas seulement presque) jaloux du DA parce que c’est son boulot qu’on voit en premier… Et parce qu’il a fait une école d’art et que ça pète trop. (Il envie également les chefs de projets parce qu’il est jamais content).
Enfin, si le métier de CR disparaissait, le monde continuerait à tourner.
Une vie sans conception-rédaction, ce serait pas comme une vie sans vin, ni pain... Ça changerait rien !
NB : dans la plupart des boîtes où je suis passé (j’en connais quelques-unes, j’étais freelance encore cet automne), le Directeur de Création est un ancien DA. Parfois même, il est un ancien rien. Je me suis longtemps demandé à quoi il servait celui-là, à part faire chier le monde.
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23 mars 2008
Décryptage de Chignon : la dinde-moumoute
Par J. Eyrien-Amaître et F. Bayle et Tétois
Cauchemar de styliste, le look dinde-moumoute s'est répandu sur la planète bleue comme une traînée de poudre libre sur un visage luisant.
Vous rêvez de détenir la recette de l'empoisonnement vestimentaire et cosmétique ultime ? Prenez une jeune terrienne mal assurée, au regard ovin/bovin/porcin, c'est selon. Collez-lui sur le crâne, selon l'épaisseur et la longueur de son pelage, une moumoute ou un brushing-casque bien cartonné (attention, la chevelure, ne doit pas bouger, y compris par vent de force 4). N'omettez surtout pas la frange épaisse d'un bon centimètre, au ras des yeux. Présentant l'avantage de tenir chaud en hiver, ce subtil détail lui évitera, en plus, de s'épiler trop souvent un sourcil broussailleux.
Côté maquillage, tout est permis, à condition que ce soit épais, grossier et semblable à ce que porte la jeune dinde-moumoute d'à-côté, l'idéal étant un make up total paraben.
Les vêtements veilleront à montrer plutôt qu'à suggérer. Prenez-les une taille en-dessous, de façon à ce qu'ils boudinent délicatement l'abdomen et la chute de reins. Les jupes et pantalons seront en peau de sans-papier recyclé extensible de chez Yves Enchie (développement du râble oblige). Comme "tous les ragoûts sont dans la nature", aucune couleur, dans cette bouillabaisse chromatique, ne supplantera les autres cette saison.
Enfin, pour les accessoires, fondez (comme votre compte en banque) pour des sacs hors de prix à paillettes, des ceintures-breloques qui font gling-gling et surtout, les ballerines à talon aiguille, choisies, elles aussi, trop petites d'une ou deux tailles pour bien marquer la chair.
Le reportage ayant été en partie réalisé au Kosystan, aux Etats Punis d'Ame Epique ainsi qu'au Sultanat Glacial Pré-Arctique, nous ne pourrons vous montrer aucune image de ce reportage. En effet, nos films, pellicules et cartes mémoire ont été détruits par les milices locales. Cependant, vous pourrez retrouver toutes les tendances sur les magazines ICI PAPY, Transe des Manches et consorts (enfin, qu'on préfère cacher).
22 février 2008
Victimes fashion
Par J. Eyrien-Amaître
Connu pour son altruisme légendaire, le Tsar Co-lah n'hésite pas à organiser maints galas de charité.
Ainsi, au début du mois vrillé s'est tenue une soirée en faveur des victimes de crevaison de parachutes précieux. De modestes présents comme une chaîne de télévision, une défiscalisation, voire un yacht, ont été gracieusement offerts aux malheureux par de grandes personnalités de la jet set mondiale.
A cette occasion, la maison de couture Yves Enchie s'est associé au Ministère des Invasions Barbares pour créer une collection éphémère dédiée aux riches déchus. Entièrement réalisée à partir de peau de sans-papier recyclée et fourrure d'impie, elle promet d'être dans la tendance de l'été 187 !
Un look so roots, mais hors de prix : 9000 Kozys* le tee-shirt !
*Au Kosystan, le revenu moyen mensuel par foyer s'élève à 250 Kozys, soit pas grand-chose.
Caprice de Tsar
Par L. Peut-Etre
Le Tsar du -fort heureusement lointain- Kozystan a confié hier la grande institution nationale du Clapier à Messire Béton, seigneur et désormais saigneur des cons damnés.
La nouvelle a instantanément provoqué un tollé dans le monde de la presse, rapidement jugulé par la justice. En effet, un journaliste ayant accusé le souverain d'oublier l'aspect constitutionnel de sa monarchie, a immédiatement été jugé pour ses propos hérétiques. Il écope d'une lourde sanction : l'écoute prolongée de disques de Mireille Sardouille et Féline Fion jusqu'à ce que bienséance s'ensuive.
Nous souhaitons témoigner toute notre sympathie à notre malheureux confrère ainsi qu'à ses proches. Nous lui adresserons donc dans les prochains jours un Labrousse en 14 volumes ainsi que quelques CD de chants d'oiseaux et autres sons de la nature pour sa convalescence.
ZOOM sur le Tsar Co-lah
Porté par un immense élan d'espoir et de sympathie de la part de la population de son royaume, le Tsar Cola, est élu au mois de meuh dernier, au suffrage universel abject. Peu après son arrivé sur le trône du Kozystan, il entame une redistribution des pouvoirs et richesses. Messire Béton et ses vassaux en sont les premiers bénéficiaires, ainsi que d'autres grands seigneurs de l'empire.